FINANCEMENT

de la

RECHERCHE sur le CERVEAU

 

 

 

Selon une récente information, un tiers des personnes handicapées en Europe l’est du fait de troubles du système nerveux.

(Eur J Neurol 2.003; 10:471-77).

La population européenne vieillit et le nombre de personnes atteintes de maladies neurodégératives augmentent.

(NDLR : une personne sur 10 est concernée)

 

Cependant, dans le VI° plan-cadre de l’Union Européenne pour les recherches de santé, les investissements prévus pour la recherche

sur le cerveau, pour des projets de plus soumis à condition, ne représentent que 8% du budget total voté.

Ainsi, le budget 2003-2006 (donc pour 4 ANNEES) est de 2, 225 milliards d’euros dont 46 millions d’euros sont répartis sur

12 projets de neuroscience.

Pourquoi les Européens se préoccupent-ils si peu de ce sujet de haute priorité et comment améliorer la situation?

L’European Brain Council créé en Mars 2002 réunit chercheurs neuroscientifiques, neurologistes,

neurochirurgiens, psychiatres, représentants d’associations de malades et industriels et espère mieux se faire entendre que les voix séparées de chacun.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, les choses en vont bien autrement, les ressources pour les recherches sur le cerveau

vont bon train.
Le National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS), l’un des 11 instituts du NIH (National Institute of Health)

consacrés à la recherche sur le cerveau a un budget de 1.5 milliards de $ par an.

Le budget du NIH pour la recherche sur le cerveau est de 4,6 milliards de $ (3.8 milliards d’euros) par an, soit 17% de son budget global ;

 

Pourquoi de telles différences entre ce que recoivent les chercheurs américains et les européens ?


La réponse est liée en partie aux résultats foudroyants des foundations de patients et de comités de charité dont beaucoup

sont menés avec succès par des célébrités comme Michael J Fox, Julia Roberts, et Christopher Reeve.

Le public est beaucoup plus averti aux USA sur les maladies cérébrales  qu’en Europe grâce aux efforts

de ces groupes dont l’impact influence très fortement les contributions fédérales américaines et les donations

personnelles.

Par exemple, la recherche sur la maladie de Parkinson a bénéficié d’une somme estimée à 215 millions de $

(163 millions d’euros) en 2003 après que Michaël Fox et Muhammad Ali aient été reçus  par leCongrès Américain.

Et la recherche sur le syndrome de Rett (voir http://www.syndrome-de-rett.org) a été largement boostée par le passage

 de Julia Roberts à la chambre  des représentants.

 

Certes, cette approche est difficile dans une Europe aux cultures et langues très diverses mais les avocats des neuroscience européenne

Conduits par le European Brain Council devraient penser très sérieusement à mettre l’information sur les maladies cérébrales

à l’ordre du jour du public.

Ceci est important car les politiciens ne sont vraiment intéressés à satisfaire qu’un seul groupe humain, leur électorat.

Tant que le public ne mettra aucune pression sur les politiciens pour accroître les collectes de fond pour la recherche sur le cerveau,

rien ne changera ni au niveau des nations ni de l’Union Européenne.

Seule la communauté neuroscientifique a la crédibilité pour convaincre le public

de l’insuffisance des sommes actuellement allouées à la recherche européenne.

Les medias ont une part cruciale à jouer dans ce domaine et les chercheurs sur le cerveau doivent

Développer leurs talents pour mieux faire passer leurs messages.

 

Les Instituts de Neuroscience Européens devraient suivre le modèle américain en s’offrant les compétences d’attachés de presse .

 

Mais surtout et peut-être avant tout, les chercheurs sur le cerveau devraient-ils devenir actifs dans leurs communautés locales.

Quel meilleur moyen que d’expliquer aux gens qui financent votre travail avec leurs impôts et leurs dons que d’aller leur serrer la main,

déjeuner avec eux et leur raconter comment leur argent est BIEN dépensé ?

 

Traduction d‘un article publié par l’ Editorial Board du Lancet Neurology, London, UK.

 

The Lancet Neurology.  Volume 2, Issue 11 , 1 November 2003, Page 647

 

 

 

 

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