Données pratiques concernant

les médications de la M.P

 

 

 

De très nombreuses questions sont sans cesse posées à propos du traitement et nous ne prétendons pas répondre ici à toutes.

Cependant, il est possible de regrouper ces questions selon plusieurs thèmes :

La prise médicamenteuse, ses horaires, son optimisation.

 

1/ La prise elle-même :

Quand le parkinsonien doit-il commencer à prendre des médicaments?

Quand les symptômes de la maladie commencent à vous empêcher de faire certains actes. Sinon,  prendre des médicaments uniquement en cas de besoin de soulager des symptômes comme des douleurs par exemple..

A quel moment faut-il  prendre le traitement par rapport aux horaires de repas ?

On conseille souvent aux personnes commençant un traitement par L-Dopa de la prendre ½-1 heure avant les repas ou 1 à 2 heures après.

Certains ont besoin d’absorber un fruit ou un gateau sec pour éviter les nausées mais la majorité des personnes atteintes tolèrent très bien l’absorption estomac vide ce qui favorise l’absorption maximum du traitement.

En cas de fortes dyskinésies dopa-induites, le fait de prendre la L-Dopa en cours de repas ralentit son absorption et diminue les dyskinésies.

Peut-on prendre tous mes médicaments en même temps ou faut-il les espacer, en particulier le Modopar pris avec le Sinemet ?

Il n’y a aucun problème lié à la prise concomitante des médicaments prescrits à la même heure.

Si votre médecin sépare les prises de Modopar et de Sinemet, c’est uniquement pour mieux répartir les doses sur la journée et non pas parce que la prise concomitante comporte un danger.

 

Faut-il  boire un peu ou beaucoup lors de la prise de médicament ?

Un verre d’eau plein aide l’absorption et diminue le risque de nausées.

Par ailleurs, boire beaucoup d’eau dans la journée permet de lutter contre la constipation

 

Faut-il adopter un régime hypoprotéiné?

 

Non, si vous êtes traité depuis peu et si vous avez peu ou pas de fluctuations motrices, c'est-à-dire de grandes variations de votre réponse motrice aux médicaments en fonction des prises.

 

Oui, si vous prenez au moins 5 à 600 mg de L-Dopa par jour ( Dopa pure, soit 100 mg dans un Modopar 125 ou un Sinemet 125, 50 mg dans un 62.5, 200 mg dans un 250 ) et des fluctuations motrices on/off notables et qu’elles vous paraissent dépendre de la ration protéique de vos repas.

 

Si les fluctuations sont modérées, un régime qui étale la prise de protéines nécessaires sur toute la journée évite les taux élevés d’acides aminés et améliore grandement les temps “on”

 

Si les fluctuations sont importantes, un régime qui restreint l’apport protéique au seul repas du soir permettra une meilleure journée aux dépens d’une moins bonne soirée.

(Voir conseils diététiques plus loin)

 

Le sucre a-t-il un effet ?

Les hydrates de carbone augmentent l'absorption de la L-dopa. Ils sont donc bénéfiques aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

 

Peut-on remplacer le sucre par l’Aspartam ?

Non, l’Aspartam est même déconseillé fortement aux personnes atteintes de M.P.

 

Peut-on boire du lait ?

Oui, mais le lait est riche en protéines et il faut, pour cette boisson et tous les produits qui en dérivent adopter, si nécessaire, les règles du régime hypoprotéiné.

 

Peut-on boire du jus d’orange ?

     Oui ; certaines personnes l’évitent en même temps qu’une prise mais en boire est tout à fait possible, même avec les médicaments si vous ne notez aucun effet particulier sur votre réponse motrice à la L-Dopa.

 

Peut-on boire des boissons alcoolisées ?

Sauf médication particulière associé  au traitement anti-parkinsonien, l’absorption d’alcool modérée n’est pas déconseillée.

Les médicaments ne doivent cependant pas être pris en même temps que l’alcool et il faut éviter l’ingestion de ces boissons lorsque vous êtes en phase d’équilibration d’un nouveau traitement.

 

 

Peut-on prendre d'autres médicaments avec les antiparkinsoniens?


La majorité des médicaments peuvent être pris sans danger avec des antiparkinsoniens.

Votre médecin prescripteur et le pharmacien sont là pour éviter des associations inutiles ou franchement gênantes.

Il fau toujours impérativement signaler à tout prescripteur le nom de tous les médicaments que vous prenez.

 

 

 

2/ Les horaires de prise médicamenteuse :

 

Elles vous sont données par la prescription médicale et il est très important de les respecter pour éviter les fluctuations de traitement et leurs conséquences sur votre état moteur.

Il vaut donc mieux déplacer l’heure d’un repas que celui d’une prise.

 

Cependant, chacun réagit différemment et vous noterez vous-même que vous devez parfois faire varier les horaires en fonction de vos occupations ou de votre état neurologique.

 

En cas d’oubli, plusieurs possibilités sont offertes mais la plus logique est de prendre la prise oubliée et de se recaler progressivement pour les suivantes en procédant par avance de ¼ d’heure si vous êtes très sensible aux fluctuations ou de demi-heure sinon :

Exemple : vos prises sont espacées de trois heures (disons 7h, 10h, 13h, 16h, 19h et  22 h) et vous avez oublié celle de 10h ; il est onze heures.

 

Ø      Avance par quart d’heure :

Prenez à 11 h la prise oubliée à 10h ; prenez à 13h 45 celle de 13h, à 16h30 celle de 16h, à 19h15 celle de 19h, et à 22h celle prévue.

 

Ø      Avance par demi-heure :

Prenez la prise de 11 h celle de 10h ; prenez à 13h 30 celle de 13h, à 16h celle prévue.

 

 

3/ Comment optimiser la réponse au traitement prescrit :

 

Plusieurs méthodes écrites ou informatiques apportent une telle aide.

Leurs principes de base sont les suivants :

Ø      Les variations du taux de Dopamine absorbée dans le sang puis passée dans le cerveau sont responsables des fluctuations motrices.

Ø      Pour éviter ces variations de taux, il faut tenir compte de la durée d’action  de chaque médicament et en reprendre lorsque cet effet arrive à sa fin.

Ø      Ainsi, il vaut mieux parfois prendre deux comprimés de 62.5 mg à intervalle de deux heures qu’un de 125 mg toutes les quatre heures (idem pour deux 125 mg au lieu d’un de 250 mg).

 

Ces méthodes qui ne modifient pas la posologie de la prescription initiale mais « jouent » sur les horaires des prises ont l’énorme avantage de pouvoir personnaliser chaque traitement, d’en optimiser les résultats et d’éviter souvent, pour contrecarrer des fluctuations, d’augmenter sans cesse les doses de L-Dopa et/ou d’agonistes.

 

Même si le nombre de prises est parfois augmenté par ces méthodes ou si les horaires ne sont plus ceux des repas, les avantages en dépassent largement ces inconvénients, faibles en regard du gain de bien-être.

Utilisées par les patients eux-mêmes pour améliorer leur réponse motrice, elles ne sont malheureusement pas encore largement diffusées, probablement à cause de la méfiance et du manque d’intérêt apparent de la part du corps médical en France à leur égard.

 

 

4/ Quelques conseils d’ordre diététique :

 

Seul un petit nombre de patients atteints de parkinson ont besoin d’adopter des mesures visant à éviter l’ingestion importante et/ou concomitante de protéines alimentaires avec la L-Dopa, cette ingestion pouvant, chez eux, diminuer la quantité de L-Dopa absorbée par l’intestin.

 

Il ne faut pas tomber dans des excès de régime qui finissent par priver l’organisme de ses ressources nécessaires et vitales s’associant à un amaigrissement par fonte musculaire tout à fait dangereux.

 

Si l’alimentation est variée et équilibrée (voir un(e) diététicien(ne) si nécessaire, il n’y a pas lieu, a priori, d’ajouter systématiquement de complément alimentaire (sels minéraux, vitamines, etc..)

 

Le besoin quotidien en protéines est généralement admis à 0,80 g par kg de poids, soit 48 g de protéines par jour pour une personne pesant 60 kg.
Pour obtenir le meilleur résultat justifiant cette discipline, il faut éviter de prendre plus de 10 g de protéines dans la journée, 15 g au plus à condition d'éloigner les prises de médicaments de la prise des protéines. Sous peine de risque de carence, le reste doit être absorbé le soir impérativement.
Aliments pauvres en protéines :
- tous les légumes frais en général (pas de fèves ou légumes secs)
- les sucres, confitures, miel, (sauf gâteaux et pâtisseries)
- les graisses végétales
- le beurre, la crème fraîche
- les fruits (éviter les fruits secs et s'abstenir des différentes noix de cajou, cacahuètes, amandes, pistache, etc.)
- les jus de fruits

Une adresse pour connaître la teneur en protéines de nombreux aliments :

http://www.ivu.org/french/trans/protein.html