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Troubles visuels et oculopalpébraux

de la maladie de Parkinson

 

 

 

Les problèmes visuels et oculopalpébraux des personnes atteintes de MP sont globalement sous-diagnostiqués et mal ou peu traités. Pourtant, les personnes atteintes de MP ( PcP) se plaignent souvent de troubles visuels, de difficultés à lire, alors que leur acuité visuelle est normale.

Ces anomalies de la vision sont très ennuyeuses chez ces personnes qui présentent fréquemment des troubles de la marche, une instabilité posturale et un risque de chutes, et qui conduisent souvent encore  leur véhicule.

 

Les problèmes les plus courants dans la MP sont les troubles de la vision des couleurs, la diminution de la sensibilité aux contrastes, l’altération de l’intégration visuospatiale et les anomalies oculomotrices.

Les yeux secs et les hallucinations visuelles sont, quant à eux, classiquement décrits comme des effets secondaires des médications anti-parkinsoniennes. agonistes dopaminergiques ou anticholinergique.

 

Mais, une étude récente* révèle cependant que, dès le début de la maladie, chez des patients non encore traités, de nombreux troubles sont déjà présents ce qui est en faveur d’une cause due à la MP et pas à ses médications.

 

* Lire :   Ophthalmologic features of Parkinson’s disease

Biousse, V.; Skibell, B.C.; Watts, R.L.; Loupe, D.N.; Drews-Botsch, C. ; Newman, N.J

Neurology , 27 January 2004, Volume 62(2),177-180

 

 

 

Ces troubles bénéficient de traitement et leur sévérité comme leurs complications peuvent être prévenues.

 

Ainsi, il parait important

1° que les neurologues et les ophtalmologistes connaissent bien et tiennent compte de ces problèmes en cours de MP

2° que les patients soient avertis de la nécessité de consulter leur optalmologiste et de l’intérêt d’une prévention possible de différents problèmes grâce à un traitement adéquat

3° que soient évitées les médications qui interagissent avec la sécrétion lacrymale et l’accomodation..

 

 

 

Les anomalies relevant de l’ophtalmologie au cours de la MP

et  bénéficiant d’un traitement

 

 

1)    Le syndrome de sécheresse oculaire ou syndrome de l’œil sec : 

 

 

 


 

 

(Lire http://www.alconlabs.com/ca_fr/eo/conditions/dryeye.jhtml

et  http://www.snof.org/maladies/syndsec.html )

 

 

Si les larmes sont déficientes en certains composants importants ou que leur production est insuffisante,

le film lacrymal peut se dégrader.

Il se forme alors des points secs sur la cornée causant les symptômes de la sécheresse oculaire :

Démangeaisons, sécheresse de l’œil, sensibilité à la lumière vive, sensations de brûlure, de piqûre ou de corps étrangers (sable) dans l’œil, sécrétions de mucus dans l’œil et, plus globalement, douleurs oculaires, yeux rouges et inconfort général.

 

Dans la MP, le syndrome de sécheresse oculaire -par anomalie de sa couche muqueuse- diminue la vision et contribue aux difficultés de lecture des PcP.

 

Cependant d’autres facteurs que la MP peuvent être en cause et doivent bien sûr être recherchés et leur participation évaluée et traitée :

L’âge, le statut post-ménopausique chez la femme, la prise de certains médicaments et divers facteurs environnementaux, comme la pollution atmosphérique, la poussière et la fumée, peuvent modifier le pH du film lacrymal. Le travail à l’ordinateur peut aussi causer la sécheresse oculaire parce qu’on tend à cligner des yeux moins souvent.

 

Parmi les tests pratiqués -test de Schirmer, TFBUT, et le test au rose bengale-

seul le TFBUT (tear film break-up time ) est significativement diminué, révélant un film pauvre au niveau mucineux.

 

Le traitement :

Il repose sur l’utilisation de larmes artificielles (et éventuellement de pommade ophtalmique dans les cas sévères) afin de procurer une bonne lubrification de la cornée.

Dans les syndromes de l’œil sec particulièrement sévères, l’occlusion par un point chirurgical des canaux lacrymaux peut être envisageable.

 

 

2)    La blépharite

 

Il s’agit d’une inflammation aigue ou chronique des paupières, cause de douleur oculaire et de larmoiement.

Fréquente dans la MP, elle se doit d’être traitée pour améliorer le confort et éviter des orgelets récurrents,

un syndrome de l'œil sec ou la perte de cils.

 

 

Les symptômes sont un bord des paupières rougeâtre, l’apparition de squames et de croûtes apparaissent à la base des cils,  une sensation d'irritation ou l'impression qu'il y a un corps étranger dans l'œil.

Au réveil, le matin, les paupières sont collantes et couvertes de croûtes.

 

 

( Lire http://www.novartisophthalmics.ca/f/eyes/bleph.shtml )

 

Le traitement :

Il consiste souvent en un programme quotidien d'hygiène des paupières, notamment, un nettoyage à des intervalles précis.

Ce nettoyage aide à retirer les débris, les croûtes et les produits toxiques du bord des paupières.

En outre, on peut appliquer des compresses chaudes directement sur le bord des paupières ou recourir à des onguents ou à des gouttes antibiotiques délivrés sur ordonnance.

Les lubrifiants oculaires sont également recommandés pour soulager les symptômes associés au syndrome de l'œil sec.

Il est important de savoir que, dans certains cas, il faudra attendre jusqu'à huit semaines avant de constater une amélioration.

 

Un traitement continu sera souvent nécessaire pour maîtriser cette affection et l’assiduité à suivre les instructions sera le facteur de réussite le plus critique

 

 

 

3)  Les anomalies du fonctionnement palpébral

 

Les anomalies du clignement palpébral (= des paupières) aggravent  la sensation inconfortable du syndrome de sécheresse oculaire  sec car elles conduisent à la diminution ou à la perte de la bonne régulation du film protecteur lacrymal pré-cornéen et de la symétrie de l’interface optique larmes-cornée.

 

Dans l’étude citée en référence, ces anomalies du clignement concernent 2/3 des PcP.

 

 

3.1 La raréfaction du clignement des paupières est bien classique dans la MP.

 

On a longtemps cru qu’il s’agissait de bradykinésie ou d’akinésie par déficit en dopamine puis on a incriminé les traitements par agonistes dopaminergiques.

Mais il semble que la diminution du clignement soit en fait précoce et explique les anomalies du film lacrymal.

 

 

3.2 Le blépharospasme et l’apraxie de l’ouverture palpébrale

 

Définitions :

Le blépharospasme est une fermeture active excessive due à la présence d’un spasme bilatéral involontaire des paupières les maintenant fermées avec le sourcil abaissé. Les muscles orbiculaires des paupières se contractent trop fort et trop souvent.

L’apraxie de l’ouverture palpébrale est une difficulté de la commande motrice permettant d’initatier l’ouverture des paupières : Les muscles qui relèvent les paupières supérieures répondent mal ou après un délai. Le sujet qui a les yeux fermés ne réussit pas à ouvrir immédiatement ses yeux. Il doit faire un effort. Parfois il s'aide de ses doigts pour soulever les paupières.

 

Leur traitement :

Ces deux pathologies doivent bénéficier en premier lieu d’un traitement intensif de l’irritation de la surface de l’œil qui, souvent, est un  facteur causal de ces problèmes.

 

Ce n’est qu’en cas d’échec que le traitement pourra s’orienter vers les injections de toxine botulique ou vers la chirurgie.

 

Les injections locales de toxine botulique ne traitent pas la cause mais paralysent le muscle orbiculaire, soulageant en général pour 3 ou 4 mois.

Le patient doit prendre la précaution de rester assis ou debout dans les 8 heures qui suivent l'injection.
Parmi les complications possibles : la chute de la paupière supérieure ou ptosis, la diplopie plus rarement
Ces complications sont transitoires, elles apparaissent en général entre le l0ème et le 20ème jour après l'injection

et disparaîtront de toute façon.
Au total, les injections de toxine botulique doivent être répétées tous les 3 ou 4 mois.

nb : La présence d'une apraxie de l’ouverture palpébrale est une cause d'échec aux injections.

 

La chirurgie consiste à enlever le muscle orbiculaire par différentes voies, soit au niveau de la paupière, soit au niveau du sourcil. Ces interventions peuvent être réalisées sous anesthésie locale + neuroleptanalgésie.

 

(Lire http://www.snof.org/chirurgie/info/infobleph.html  et http://pages.infinit.net/blepharo/traitements.htm)

 

 

 

4) Les hallucinations visuelles

 

Ce sont des troubles fréquents, souvent attribués à une baisse de l’acuité visuelle, aux troubles cognitifs ou aux médications cholinergiques et dopaminergiques.

Ces problèmes peuvent en fait survenir précocément, sans trouble visuel ni traitement antiparkinsonien. 

 

Ces hallucinations peuvent survenir spontanément au cours de la MP et ne doivent pas aboutir systématiquement à des modifications du traitement en cours.

 

 

5) Les troubles de la convergence

 

Ce sont tous les troubles concernant la fonction de vision binoculaire où, normalement, les axes visuels perdent leur parallélisme et convergent sur l'objet fixé.

Responsables d’une difficulté ou d’une fatigue pour lire (asthénopie) et d’une sensation de vision double (diplopie)  ou du moins trouble, ils sont fréquents, cependant pas statistiquement plus que dans la population générale, en tout cas dans les formes précoces considérées dans cette étude.

 

Ces problèmes nécessitent un bilan orthoptique pour les confirmer, les classifier et envisager leur traitement.

 

Cependant une grande majorité de PcP ont une diminution de leur amplitude de convergence avec cependant un point de convergence proche de la normale. Cette insuffisance, associée à la presbytie résulte souvent d’une perte de la capacité de converger pour accomoder.

 

Les lentilles bifocales contribuent à cette insuffisance de convergence chez les presbytes.

Les PcP semblent présenter des possibibilités d’accomodation plus faibles et seraient ainsi plus sensibles aux effets négatifs des lentilles bifocales.

 

Traitement :

 

    La correction optique par lunettes et verres adaptés :

En cas d’asthénopie (difficultés pour lire) ou de diplopie, éviter donc les verres bifocaux ou progressifs.

Mieux vaut proposer des verres séparés et des lunettes différentes pour la vision de loin et pour celle de près, pour la lecture ou le travail sur ordinateur.

 

    L’occlusion monoculaire :

Si la vision n’est pas améliorée avec une correction adéquate, l’occlusion monoculaire qui consiste à fermer ou cacher un œil) peut aider à une plus confortable lecture.

 

Attention en cas de tremblements, de dyskinésies ou de chutes fréquentes à préférer un équivalent sphérique à une correction trop importante de  l’astigmatisme.

 

En cas de diminution de la vitesse des saccades oculaires, il faut expliquer aux patients comment utiliser un doigt pour « tirer leurs yeux à travers la page », c'est-à-dire pour les obliger à suivre le sens de lecture du texte.

 

 

 

Les anomalies relevant de l’ophtalmologie et de la neurologie

au cours de la MP

 

(en gras, ceux décrits,ci-dessus, les autres feront l’objet d’un travail à venir)

 

 

1°) Les anomalies de la fonction visuelle

1.1 Diplopie, asthénopie

1.2 Diminution de la discrimination des couleurs ou « dyschromatopsie » 

 

         Lire La perception des couleurs par l’œil : +++

http://www.bioinformatics.org/oeil-couleur/dossier/book.pdf

         Tests dyschromatopsie : lire http://www.lea-test.fi/fr/tests/instruct/panel16/clinical.html

 

1.3 Diminution de la sensibilité aux contrastes :

 

C'est-à-dire la diminution de la capacité qu'a l'œil de percevoir des différences minimes en luminosité entre des surfaces adjacentes.

Elle est importante pour la vision lors des déplacements et joue également un rôle important dans la vitesse de lecture.


Il y a deux manières complémentaires de procéder pour la tester :

      par méthode subjective, en interrogeant la personne.
En effet, bon nombre de faibles contrastes sont évalués en permanence dans la vie quotidienne.
Quelques exemples de questions concrètes :
- remarquez-vous les obstacles sur un trottoir : les poubelles, les pavés détachés, les
différences de niveaux, …
- rencontrez-vous des difficultés pour descendre une marche
- voyez-vous un verre sur une table
- quelles sont les conditions défavorables à la vision de l'objet

 

      par une méthode objective via un test
les anneaux en forme de C avec un bas contraste établi sont présentés séparément à la personne malvoyante. Celle-ci indique l'ouverture du C. Sur base des résultats quantifiables ainsi obtenus la sensibilité au contraste est exprimée : légèrement perturbée, moyennement ou fortement perturbée.

Lire les tests :  http://www.lea-test.fi/fr/evaluati/fonction/1/22j.html

 

Traitement :

Certains verres améliorent la perception du contraste et la qualité visuelle en s’adaptant aux changements de luminosité.

1.4 Déficience en dopamine rétinienne

1.5 Déficit visuospatial

 

 

2°) Les hallucinations visuelles

 

 

3°) Les anomalies des mouvements palpébraux

3.1 Diminution du clignement spontané

3.2 Blépharospasme

3.3 Apraxie de l’ouverture palpébrale

 

4°) Les mouvements oculaires anormaux

 

                       (Lire : http://www.mumedia.be/saccades_normalites.htm

 

4.1  Diminution de la performance des saccades oculaires

4 .2 Diminution de la modification adaptative de l’amplitude des saccades

4.3  Diminution des saccades guidées par la mémoire

4.4  Micro-tremblements oculaires

4.5  Troubles comportementaux par altération du sommeil « paradoxal » ( ou REM sleep behavior disorder ;

le REM est une phase de sommeil avec mouvements rapides et saccadés des globes oculaires)

 

 

 

Conseils généraux pour s’adapter aux troubles visuels

au cours de la MP et de l’avancée en âge

 

 

·        L'ÉCLAIRAGE :

 

Les besoins en matière d'éclairage dépendent de l'état de la vision de chaque personne.

 

    Le problème d'éclairage le plus fréquent est la brillance :

soit la lumière est trop brillante et provoque l'éblouissement, soit elle n'est pas assez brillante.

Le coût d'un éclairage adéquat est minime par rapport aux bénéfices possibles.

 

    Plusieurs lampes disposées dans toute la pièce permettent d'obtenir une distribution plus uniforme de la lumière qu'une seule ampoule de grande puissance.

 

    Quand vous passez d'un milieu clair à un milieu sombre, un rhéostat, en vous donnant la possibilité de régler l'intensité de la lumière d'une pièce à l'autre, permet à vos yeux de s'accommoder plus facilement ; ou encore, portez des lunettes de soleil que vous garderez ou retirerez en entrant dans un immeuble.

 

    Utilisez des stores ou des abat-jour pour réduire l'éblouissement.

 

    Pour ceux qui ont besoin d'une lumière brillante, les tubes fluorescents sont particulièrement utiles dans les armoires.

 

    Accrochez aux fenêtres des rideaux foncés ajourés qui réduisent l'éblouissement dû à l'exposition directe à la lumière du soleil, tout en laissant passer suffisamment de lumière naturelle.

 

    Éclairez toujours convenablement les escaliers de façon à éliminer les ombres qui pourraient gêner la vue.

 

    À l'extérieur, portez un chapeau à larges bords, une visière ou des lunettes de soleil pour diminuer l'éblouissement.

 

    Pour profiter pleinement de la lumière quand vous travaillez, assurez-vous que la source lumineuse se trouve à proximité, derrière votre épaule gauche.

 

    Si l'éblouissement constitue un problème, les surfaces mates peuvent aider à le régler.

 

    Évitez les planchers cirés ou brillants : le tapis et la moquette sont plus indiqués.

 

    Évitez également de vous doter de meubles dont le pouvoir réfléchissant est élevé : meubles en métal ou en verre par exemple.

 

    Une lampe de poche ou un crayon lumineux sont utiles pour lire dans un endroit trop difficile à toujour bien éclairer.

 

 

 

·        LE CONTRASTE DES COULEURS ET DE LA BRILLANCE

 

Le contraste des couleurs et de la brillance constitue souvent un moyen agréable et peu coûteux de se faciliter grandement la vie, en particulier de repérer les objets ou leurs détails.

 

    Les couleurs foncées absorbent la lumière, tandis que les couleurs claires la réfléchissent. Par conséquent, si une pièce est trop sombre, peignez les murs d'une couleur pâle et posez des rideaux aux couleurs claires.

 

    Des rideaux foncés ajourés laissent passer la lumière tout en réduisant l'éblouissement.

 

    Un tapis de bain de couleur foncée placé au bord d'une baignoire claire permet d'en repérer facilement l'emplacement.

 

    Pour ce qui est des escaliers, les rampes doivent dépasser les marches du haut et du bas pour permettre de bien repérer les paliers.

La rampe et le bord de chaque marche doivent être d'une couleur contrastante qui en facilitera le repérage.

De plus, des paliers de couleurs différentes en bas et en haut de l’escalier sont un autre moyen qui aide au repérage.

 

    Décorer la tête des clés, à l’aide d’un ruban adhésif coloré, permet de les retrouver plus facilement.

 

    De même, on peut disposer des bouts de ruban coloré le long des interrupteurs et des prises de courant afin de les rendre plus visibles, surtout lorsqu’elles se confondent avec le mur.

 

    Le contraste des couleurs et de la brillance peut aider à déterminer aisément l’emplacement des meubles :

Un tissu de couleur claire placé sur le dossier d’une chaise foncée la rend beaucoup plus visible.

 

(Tous ces conseils sont issus de http://membres.lycos.fr/papidoc/07sensvis.html )

 

 

 

A lire encore :

 

Vision Problems in Parkinson's Disease

Robert W. Griffith, MD    September 27, 2002 (Reviewed: September 3, 2004

http://www.healthandage.com/default.cfm?curr_navi=02&curr_content=02&spr=en&framedef=1&curr_paramlist=healthandage;1972;2;haa_online_from;2;1;3;-;dsp_tooldetail

 

Site Perret- optic

http://www.perret-optic.ch/optometrie/symptomes_diagnostiques/symptomes/opto_symitch_f.htm#blepharitis  +++

 

La fatigue visuelle

http://www.ophtalmologie.fr/fatigue-visuelle-yeux.html

 

 

 

Anne FROBERT, 21 Novembre 2005

 

 

 

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