PARMI LES GRANDS HANDICAPS DE LA VIE

LA DOUANCE 

(OU LE SURDOUEMENT OU LE HAUT POTENTIEL)

 

 

 

« L'intelligence est un double mal :

D'abord, l'intelligence peut faire souffrir….

Et personne ne songe à plaindre quelqu'un d'intelligent.

On ne dit pas : "Ah, tiens, oui, il est sympa, mais le pauvre, il est intelligent !"

Ça ne traverse évidemment l'idée de personne, et pourtant ..., et pourtant .. »

Jeanne Siaud-Facchin

 

( Nota bene : Une grande partie des extraits regroupés sur cette page vient de l’excellent site : www.douance.be . Les autres références sont signalées au fur et à mesure des textes )

 

Les caractéristiques d’une personne à haut potentiel sont fréquemment perçues par leur entourage et par les psychothérapeutes comme des preuves de troubles mentaux, parce que la majorité de la population manque d'information sur cette facette de leur personnalité.

La plupart des gens ne savent pas que ce qui est considéré comme normal pour les HP est le plus souvent qualifié de "névrose" dans la population en général; avec, comme résultat, que la personne douée est parfois émotionnellement vulnérable à une série de difficultés relationnelles à la maison, au travail, à l'école ou dans la société en général.

Le diagnostic thérapeutique fait fréquemment, mais erronément, mention de trouble de la personnalité, de problème maniaco-dépressif ou bipolaire, cyclothymique, narcissique, borderline, de trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), ….

 

Les caractéritiques des adultes à haut potentiel : ici

Les adultes à haut potentiel présentent "un certain nombre" des caractéristiques suivantes :

(Attention : il n'est pas indispensable qu'elles soient toutes présentes !)

o                   Grande capacité de raisonnement/résolution de problèmes.

o                   Rapidité d’apprentissage.

o                   Méthode d'apprentissage particulière, surtout en math et en lecture.

o                   A lu très jeune et avidement.

o                   Vocabulaire extensif.

o                   Excellente mémoire.

o                   Bon en chiffres, puzzles, ...

o                   Intensité (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être "plus " tout : plus rapide, plus agité, plus  attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient, ...)

o                   Hypersensibilité, extrêmement susceptible.

o                   Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels)

o                   Curiosité exceptionnelle.

o                   Imagination débordante, grande créativité.

o                   Grande capacité d’observation, note les plus petits détails.

o                   Intérêts très variés, saute facilement d'un domaine à l'autre.

o                   Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter, ...)

o                   Recherche la compagnie de personnes plus agées.

o                   Capacité d’attention, persévérance : forte si l’intérêt y est; faible, voire nulle, sinon.

o                   Grand sens de l’humour (et humour très particulier, souvent incompris).

o                   Rapidement frustré s'il ne trouve pas les personnes ou les ressources pour réaliser ses grandes idées.

o                   Grand sens de la justice, de l’équité, moralité.

o                   Respect des règles bien comprises, mais tendance à questionner l’autorité non fondée.

o                   Idéalisme, altruisme, compassion.

Et surtout :

o                   Perfectionnisme, doublé d'une extrême lucidité, qui entraîne parfois le doute, la peur de l'échec.


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Pour un adulte à haut potentiel, les éléments à évoquer sont :

·        le stress interne d'être doué;

·        le traumatisme émotionnel du développement rapide (dyssynchronie);

·        les effets de l'introversion, de l'intensité, du perfectionnisme et de l'extraordinaire sensibilité à soi et aux autres;

·        la reconnaissance des symptômes d'un engagement mental insuffisant;

·        l'importance d'interactions avec d'autres personnes douées;

·        et la canalisation et la focalisation sur cette abondance d'énergie physique, sensorielle, intellectuelle et émotionnelle.

Les défis relationnels particuliers que les individus, couples ou familles de surdoués rencontrent durant leur vie incluent :

·        apprendre à interagir avec la majorité;

·        gérer les attentes et les pressions pour se conformer à la norme;

·        absorber l'hostilité inconsciente, le ressentiment, l'antagonisme ou le sabotage dirigés vers eux parce qu'ils sont perçus comme intellectuellement, créativement ou personnellement avantagés;

·        tracer les limites pour l'utilisation ou l'exploitation de leurs capacités;

·        collaborer avec les autres et gérer les dilemnes quotidiens impliquant la famille, les patrons, les collègues, les voisins, les thérapeutes, les enseignants, les éducateurs et ... tous les autres membres de la société.

 

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Quelques explications de Jeanne Siaud-Facchin  (ici)

 

"Etre surdoué ne signifie pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec un mode de pensée, une structure de raisonnement différente. L'intelligence de l'enfant surdoué est atypique. C'est cette particularité qui rend souvent difficile son adaptation scolaire, mais aussi son adaptation sociale.

C'est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité."

 

"Etre surdoué, c'est penser dans un système différent, c'est disposer d'une forme d'intelligence particulière.

C'est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité."

 

Psychologue-clinicienne, spécialiste des surdoués, Jeanne Siaud-Facchin est attachée à l'Unité d'adolescents du Pr Rufo, à l'hôpital de la Timone à Marseille et membre du laboratoire d'exploration fonctionnelle cognitive de l'hôpital de La Salpêtrière à Paris. Depuis une dizaine d'année, elle s'occupe des personnes surdouées, plus particulièrement des enfants.

 

Extrait de l’émission « ça se discute », deJean-Luc Delarue, du 9 anvril 2003 :

JSF : Mais c'est vrai que d'avoir un QI élevé, c'est, d'abord et surtout, pas tellement être quantitativement plus intelligent que les autres, mais surtout, je crois, avoir un fonctionnement qualitativement très différent au niveau intellectuel, càd avoir une forme d'intelligence différente, un système de pensée qui est très différent, qui décale beaucoup par rapport à l'école et qui explique d'ailleurs les difficultés scolaires que rencontrent beaucoup de ces enfants à l'école.

Mais c'est aussi et surtout une hypersensibilité, une hyperaffectivité extrêmement envahissantes, et qui marquent considérablement la personnalité :
- ils voient ce que d'autres ne voient pas,
- ils perçoivent ce que d'autres ne perçoivent pas,
- ils ressentent avec une force inouïe les émotions environnantes
et ça leur donne une forme de lucidité exacerbée sur le monde, qui peut être extrêmement douloureuse ..."

Delarue : "L'hémisphère droit !"

JSF : Oui, de toutes façons, l'hémisphère droit; on sait à quel point les enfants surdoués effectivement fonctionnent beaucoup en activant leur hémisphère droit, avec toute la créativité, toute l'intuition que ça suppose, mais aussi l'ingérence affective constante, présente dans tous les actes de la vie des enfants surdoués, et y compris bien sûr dans l'acte cognitif, dans l'acte intellectuel.

Ils ne peuvent pas s'empêcher de penser, ils ne peuvent pas s'empêcher de réfléchir, ils ne peuvent pas, quelque part, s'empêcher de créer, ils ne peuvent pas s'empêcher de ressentir; la moindre variation émotionnelle dans l'environnement va être perçue par ces enfants-là, et c'est dificile de tout ressentir tout le temps, d'être bombardé émotionnellement de tas de choses

 

(……..)

Je crois que ce qui est très douloureux aussi, c'est que, quelque part, l'intelligence est un double mal :
- d'abord, l'intelligence peut faire souffrir;
- et personne ne songe à plaindre quelqu'un d'intelligent; on ne dit pas : "Ah, tiens, oui, il est sympa, mais le pauvre, il est intelligent !"; ça ne traverse évidemment l'idée de personne, et pourtant ..., et pourtant

Delarue : Poutant, ce sont les imbéciles qui sont heureux ...!

JSF : Non, enfin, en tous cas, je pense que l'insouciance permet une certaine sérénité, et ces enfants et ces adultes sont tout, sauf insouciants ! Ils ont au contraire une conscience aiguisée des choses et de la vie.

Delarue : Mais alors, il faut qu'ils trouvent une passion, un moyen de ...

JSF : Il faut d'abord qu'ils trouvent des gens qui soient capables de les entendre, de les comprendre, de les reconnaître, de les accepter; et de les accompagner pour les aider à grandir, à s'épanouir, à mettre à profit leur immense richesse, non seulement intellectuelle, mais aussi affective, et leur permettre d'être ce qu'ils sont tout simplement.

Accepter la différence, quelle qu'elle soit, pour ce qu'elle est, avec ses côtés formidables, ses côtés plus compliqués; être surdoué, c'est complexe !

 


L'interview de Jeanne Siaud-Facchin sur le site de ça se discute (émission du 9 avril 2003 : "Génies et surdoués : sont-ils condamnés à vivre dans un monde à part ?")


Ecoutez Jeanne Siaud-Facchin (MP3-4,5MB!) décrire l'enfant surdoué chez Jean-Luc Delarue ("Ca se discute")


 

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Extraits de

« Les écueils d’une certaine douance »

 Maurice Carrier, psychologue   ici

 

« On dit que le talent est un don du ciel. Pourtant, être doué n'est pas toujours une grâce de la nature.

Il faut s'attarder un peu au vécu des personnes douées pour réaliser que la douance ne constitue pas uniquement un avantage.

Souvent, elle implique d'avoir à répondre à des exigences plus élevées, à endosser des responsabilités plus grandes, à démontrer un meilleur contrôle de soi et à faire preuve de sagesse en toutes circonstances.

De plus, la frontière entre le désir de performer et l'obligation de livrer des résultats tend à s'estomper. Hors du succès, point de salut!

C'est donc à la possibilité de perdre leur liberté individuelle que sont confrontés ceux et celles qui sont admirés pour les capacités dont la nature les a dotés.

(….)

Les personnes ayant manifesté leurs talents à un très jeune âge sont plus susceptibles d'avoir structuré leur personnalité en fonction des attentes de leur entourage. Cette situation s'expliquerait par le fait qu'un parent souhaite naturellement à son enfant une vie meilleure que celle qu'il a lui-même vécue.

Toute manifestation de talent ou de capacité hors norme peut alors servir de support aux idéaux du parent. L'espoir de celui-ci se trouve renforcé par l'attitude de l'enfant qui se comporte comme s'il comprenait parfaitement ce qu'on attend de lui.

En se moulant au désir du parent, il obtient le regard dont il a besoin pour se sentir exister.

(….)

Pour se faire aimer, et parce qu'il en est capable, l'enfant doué s'ajuste davantage aux espoirs qui sont transposés sur lui qu'à sa propre réalité interne.

Sa disponibilité est orientée vers les autres. On le trouve bon ou gentil : il sait partager sans rechigner, donner sans exiger, se sacrifier sans attendre en retour.

(….)

Il cache ses désirs non conformes, il inhibe ses sentiments d'envie ou d'hostilité et il camoufle son impuissance ou son anxiété par crainte de décevoir les autres et de perdre sa principale source d'estime.

(….)

Il néglige de chercher des réponses à ses besoins d'être entendu lorsqu'il exprime des sentiments authentiques, d'être respecté dans ses volontés comme dans ses refus, d'être consolé lorsqu'il est souffrant et d'être dégagé des responsabilités qui ne lui incombent pas, même s'il a la capacité de les assumer.

(…..)

Pour l'enfant doué, la façon de s'organiser avec cet abandon réel consiste à se rendre encore plus conforme aux espoirs qu'il fait naître chez les adultes. Il transforme sa souffrance en action positive et il finit par s'identifier totalement à la personne qu'on s'attend qu'il devienne. Il perd contact avec ses besoins affectifs et, peu à peu, il se sent amputé de ce qu'il a de vivant et de spontané en lui. Apparaissent alors des sentiments de vide, d'absurdité et de non-appartenance.

(……)

Être doué et ne pas avoir le sentiment d'exister pleinement est un paradoxe.

C'est pourtant ce qui arrive lorsque la facilité à réussir entrave la connaissance de soi. Comment sortir de ce paradoxe?

En sachant identifier, reconnaître et satisfaire l'ensemble de ses besoins et de désirs personnels.

C'est seulement en développant ce rapport à soi que le talent de la personne douée pourra s'épanouir sans qu'elle y perdre son individualité, sans inhiber sa vitalité et sans renoncer à sa liberté. »

 

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Self-test pour adultes :

http://www.douance.be/douance-ahp-self-test.htm

 

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Quelques sites :

http://www.douance.be/douance-ahp-accueil.htm

http://www.douance.org/sommaire.htm

http://www.mensa.fr/

http://gappesm.net/Liens/

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