Le jeu pathologique et
Caractéristiques :
Selon la
classification américaine DSM IV, le « jeu pathologique » se caractérise par
une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu qui entraîne des répercussions
sur la vie familiale, personnelle ou professionnelle.
Quelques cas,
survenus chez des patients traités par un médicament antiparkinsonien, ont été
publiés. Ces
cas restent rares en regard du nombre de patients ; ils sont avant tout
liés aux agonistes dopaminergiques et les différents articles cités en
référence rapportent des cas dûs à différents traitements.
Ces troubles compulsifs surviendraient surtout
en période “on” au moment des fluctuations motrices : ce serait le
pendant comportemental des signes moteurs.
Ils aparaissent au
décours d’augmentation de posologie et doivent être autant connus des
médecins que des patients concernés.
Les causes et
conséquences rélèvent très généralement d’une prise en charge
psychothérapique.
D’ autres modifications comportementales à type d’irritabilité, d’achats compulsifs voire
d’hypersexualité ont été aussi observés. Ces effets sont à rapprocher des
conduites addictives aux jeux de hasard .
Mécanisme- Molécules responsables
Le mécanisme
de cet effet
est encore mal connu : les agonistes de
dopamine agiraient en tant que "catalyseur" de ce comportement
compulsif pour le jeu ;
il disparaît le plus souvent à l’adapatation des doses ou au changement de
spécialité pharmaceutique.
La plus grande étude récente publiée en
Août 2003 (Dr Stacy , Muhammad Ali Parkinson Research
Center de Phoenix) est ci-dessous
entièrement traduite mais d’autres publications sont aussi rapportées.
L’étude de Stacy met en évidence les effets dûs au pramipexole
(Mirapex®) et au pergolide
(Celance®, Permax®) et ne retrouve pas, sur 1184 patients, de cas sous
L-Dopa seule ni sous Ropinirole (Requip®).
Les autres publications retrouvent des cas
sous agonistes :
· Pergolide (Celance®),
· Rispéridone (Risperdal®, neuroleptique antagoniste dopaminergique
D2 utilisé dans
· Quinagolide (Norprolac®, agoniste dopaminergique D2
sélectif, puissant antiprolactine utilisé dans les hyperprolactinémies et
adénomes hypophysaires à Prolactine)
· Bromocriptine (Parlodel®)
Une
étude espagnole rapporte des cas sous L-Dopa seule, lors de la
mise en route d’un traitement anti-parkinsonien (10 patients des 12 joueurs pathologiques parmi 250 parkinsoniens
étudiés)
Données chiffrées sur le jeu en France :
·
rapport du
Sénat : http://www.senat.fr/rap/r01-223/r01-223.html
·
article sur jeux
d’argent et Internet : « plus rentables que le sexe en
ligne » : http://www.journaldunet.com/0301/030131gambling.shtml
Sites intéressants sur le Net :
·
Témoignages de
parkinsoniens atteints de problèmes de jeux pathologiques : http://wd014.lerelaisinternet.com/sites/parkliste/dbase/base2002/210attentiondanger.htm
·
centre de prévention
du jeu excessif : http://www.riennevaplus.org/index.htm
·
infos sur les jeux compulsifs :
http://www.jeu-compulsif.info/index.htm
·
dépendance aux jeux
d’argent (Québec) : http://www.gnb.ca/0378/YouCanBeatIt-f.asp
· auto-évaluation sur les jeux de hasard : http://www.gnb.ca/0378/GamblingSelfAssessment-f.asp
· SOS Joueurs : 01 45 38 57 57 ; 22 rue Ducouédic 75014
PARIS
· Joueurs anonymes : 01 45 01 95 46 ; 72 rue
Boissière 75016 Paris
Pour ceux qui
veulent en savoir plus :
Dans
Hors MP déjà, les mêmes systèmes sont en cause :
La
physiopathologie du jeu addictif
comporte des dysfonctions sérotoninergiques, noradrénergiques et
dopaminergiques.
De nouvelles données neurobiologiques
tentent de faire la part des choses entre les troubles dûs directement aux
drogues et le comportement addictif au jeu ; ceci pose bien sûr aussi la
question des autres troubles compulsifs ( achats
compulsifs, troubles sexuels compulsifs, addiction à l’ordinateur) et du lien
entre les facteurs psychologiques et biologiques.
Le
jeu pathologique est marqué par des facteurs familiaux et des études sur des jumeaux ont démontré l’influence
de facteurs génétiques contribuant au dévelpooement de l’addiction aux jeux.
Des recherches
en génétique moléculaire ont identifié des anomalies spécifiques sur des
gènes correpondant à ces systèmes neurotransmetteurs dans des cas de jeu
pathologique.
Ainsi,
il a été rapporté des associations de polymorphisme sur des allèles des gènes
codant les récepteurs à la dopamine, sur le gène du transporteur de la
sérotonine et sur le gène A de la mono-amine oxydase.
D’autres études sont nécessaires pour
confirmer et approfondir la connaissance de ces liens entre biologie et
troubles du comportement.
ARTICLES INTERESSANTS
Centre Régional de Pharmacovigilance et d’Information sur le Médicament
Hôpital Pasteur - BP 69 - 06002 Nice Cedex
Tél : 04.92.03.77.74 - Fax : 04.92.03.77.73
E-MAIL : pharmacovigilance@chu-nice.fr
Rédaction : Drs. B. Baldin, C. Bonnet, R.M. Chichmanian, C. Kouji, A. Spreux
N° 120– JUILLET - AOUT 2002
ADDICTION AUX
JEUX ET TRAITEMENTS DOPAMINERGIQUES
Nous avons reçu deux notifications
d’addiction aux jeux survenue chez des patients traités par agonistes
dopaminergiques.
Le premier cas concernait un homme de 58
ans sans antécédent psychiatrique, traité par 150 microg de
Norprolac*(quinagolide) pour un adénome hypophysaire. Ce patient a développé
une addiction aux jeux de hasard (machines à sous) constatée après 3 mois de
traitement associée à une sexualité compulsive 2 mois plus tard.
Le second cas concernait une femme de 50
ans, sans antécédent psychiatrique, traitée pour une maladie de Parkinson.
Cette patiente a présenté une addiction aux jeux de hasard (machines à sous et
vidéopoker) environ 6 mois après remplacement du Requip* (ropinirole) 12mg/j
par Celance*(pergolide) 2 mg/j en association à Modopar* 50mg/j et
Comtan*(entacapone)1 g/j non modifiés.
Les patients ont fait l’objet d’un suivi
psychiatrique. Dans le premier cas une réduction de la posologie de moitié
permettait une amélioration symptomatique avec normalisation de la sexualité
mais persistance d’une certaine compulsivité pour le jeu également observée
dans le second cas.
La chronologie permet d’évoquer la responsabilité de la prise d’agoniste
dopaminergique compte tenu de l’absence d’antécédent chez ces patients de 50
ans même si la possibilité d’un terrain prédisposant ne peut être écartée.
Au plan bibliographique(5) on retrouve des cas
d’abus de produits anti-parkinsoniens agonistes dopaminergiques conduisant à
une escalade des posologies par le biais de l’installation d’une
pharmacodépendance à
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Neurology, Août 2003 :++++++
Des chercheurs rapportent neuf cas de joueurs pathologiques dans un groupe de plus
de 1.000 personnes traitées pour la maladie de Parkinson. Ces personnes
n'avaient jamais eu aucun problème de jeu dans le passé.
Le Dr. Mark Stacy, auteur de l'étude, a commencé ce
travail après avoir appris des pertes de jeu énormes chez deux de ses patients,
peu après qu’il ait changé les doses de leurs médicaments. Le Dr Stacy est le
directeur médical du Parkinson's Disease and Movement Center au Duke University
Medical Center de Durham, N.C., et il
était au Muhammad Ali Parkinson Research Center de Phoenix au moment de cette
étude.
Lui et son équipe ont repris les dossiers de tous leurs
patients sur une année : Sur 1.184 personnes avec la maladie de Parkinson,
sept autres cas de jeu compulsif ont été retrouvés.
Dans tous ces cas, l’addiction au jeu était assez grave
pour poser de graves problèmes
financiers :
Deux des concernées par un
comportement de jeu pathologique avaient perdu plus de $60.000. En moyenne,
les personnes avec des problèmes de jeu avaient une maladie de Parkinson
diagnostiquée depuis 11 années avant le début de leur comportement provoquant
une dépendance au jeu.
Chacun des neuf était sous L-Dopa associée à un agoniste dopaminergique
quand leurs problèmes de jeu ont commencé : huit prenaient un agoniste de
la dopamine appelé le pramipexole (Mirapex®) et l'autre prenait du pergolide (Celance®,
Permax®)
Aucun cas n’a été retrouvé parmi les patients sous L-Dopa
seule ni chez ceux sous Ropinirole (Requip®).
Stacy indique qu'il n'est pas sûr que ce soient réellement les médicaments qui entraînent ce
comportement de jeu provoquant une dépendance, mais observe cependant
que sept des patients ont signalé que leurs problèmes ont débuté dans le mois
qui a suivi leur augmentation de dosage.
Pour Stacy, ceci indiquerait que des doses plus élevées
des agonistes de dopamine agissent en tant que "catalyseur" de ce
comportement compulsif pour le jeu..
Le jeu pathologique affecte entre 0.3 pour cent à 1.3
pour cent de la population générale, selon l'étude, comparée à 1.5 pour cent
chez les patients sous pramipexole. Stacy remarque aussi que le grand nombre de
casinos autour de Phoenix et le besoin des seniors de trouver un endroit pour
avoir une vie sociale ont pu joué un rôle certain.
Selon cette étude, la plupart des patients ont pu se
reprendre en main ou arrêter leur comportement de jeu quand leurs médicaments
ont été changés, ou leurs posologies diminuées ; plusieurs d’entre elles
ont par ailleurs également assisté à des réunions des « joeurs
anonymes ».
Le Jay Van Gerpen,
neurologue et spécialiste des troubles des mouvements à la clinique d'Ochsner à
Les "molécules utilisées dans le traitement de la maladie de Parkinson peuvent
provoquer des
effets secondaires indisérables sur l'humeur et la
personnalité," indique Van Gerpen.
" La prise d’agonistes de dopamine peut être
associée à des changements de la personnalité, une conduite hypersexuelle
inappropriée ainsi que des troubles des cycles du sommeil.
Les patients
doivent être tenus au courant de ces risques."
Le risque de jeu pathologique chez les parkinsoniens tous
traitements confondus est de 0,05%.
Il est estimé à 1.5% sous pramipexole (Mirapex®) et à 0.3% sous
pergolide (Celance®, Permax®)
Pour le Dr Stacy, il faut insister sur le fait que cet
effet secondaire est rare, et favorisé par les augmentations de doses
utilisées.
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Autres
articles :
NB : Recherche faite sur Pubmed (National Institutes of Health) : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?CMD=Details&DB=PubMed
, les liens (related articles, links, permettant d’aller encore plus loin)
|
Psychol Med. 1997 Mar; 27(2):
473-5. |
Altered dopamine function in
pathological gambling.
Bergh C,
Eklund T, Sodersten P, Nordin C.
Department of Clinical Neuroscience and Family Medicine, Karolinska
Institute,
BACKGROUND: The possibility that monoaminergic neurotransmission is altered in
pathological gambling was examined. METHODS: Monoamines and their metabolites
were measured in CSF obtained at level L4-5 from ten pathological gamblers and
seven controls. RESULTS: A decrease in dopamine and an increase in 3,4-dihydroxyphenylacetic acid and homovanilic acid was
found. Noradrenaline and its metabolite 3-methoxy-4-hydroxyphenylglycol was
also increased but 5-hydroxytryptamine and 5-hydroxyindoleacetic acid were unchanged.
CONCLUSION: It is suggested that the function of the dopaminergic system,
possibly mediating positive and negative reward, and the noradrenergic system,
possibly mediating selective attention, is changed in pathological gambling.
Pathologic
gambling could be due to dopaminergic tone in PD patients. (Sunday, 15 October 2000)
Twelve out of 250 PD evaluated patients met the
criteria of pathologic gambling of DSM IV. Mostly, they started gambling after
the onset of PD and treatment with levodopa. The pathologic behavior was
present during "on" periods exclusively. Slot machines were the
preferred source of gambling. In the authors' view, this behavioral
manifestation could be related to the pharmacologic treatment. Molina JA et al - Mov Disord - 2000; 15: 869-72
Depress Anxiety.
2000; 11(4): 185-6. |
Pathological gambling behaviour: emergence secondary to treatment of
Parkinson's disease with dopaminergic agents.
Seedat S, Kesler S, Niehaus DJ, Stein DJ.
Department of Psychiatry,
We present a case in which the use of low dose
risperidone (a potent D2 and 5-HT2 antagonist) was successful in controlling
gambling behaviour secondary to dopamine agonist treatment of Parkinson's
disease. Pharmacotherapeutic management of pathological gambling secondary to
medical causes deserves further study.
|
Clin Neuropharmacol.
2001 May-Jun; 24(3): 170-2. |
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Pathologic gambling in patients with
Parkinson's disease.
Gschwandtner
U, Aston J, Renaud S, Fuhr P.
Psychiatric Outpatient Department,
Patients with Parkinson's disease frequently have depression, anxiety, and
obsessive-compulsive disorder. We observed two patients who had episodes of
pathologic gambling. At the same time, their Parkinson's disease deteriorated
and they initiated self-medication with dopaminergic drugs. In both patients,
signs were present of an addiction to dopaminergic medication. Pathologic
gambling ceased in these patients after a few months. The significance of an
insufficient dopaminergic reward system in patients with stereotypical
addictive-like behavior (e.g., pathologic gambling) is discussed in this
report. The most likely explanation for this newly recognized behavioral
disorder in patients with Parkinson's disease is enhanced novelty seeking as a
consequence of overstimulation of mesolimbic dopamine receptors resulting from
addiction to dopaminergic drugs.
|
Semin Clin Neuropsychiatry. 2001 Jul; 6(3): 217-26. |
The neurobiology of pathological
gambling.
Division of Substance Abuse, Department of Psychiatry, Yale University School
of Medicine, Connecticut Mental Health Center, New Haven, CT 06519, USA.
marc.potenza@yale.edu
Despite relatively high prevalence rates and
significant morbidity and mortality associated with pathological gambling (PG),
our understanding of the neurobiological basis of PG lags in comparison to that
for other psychiatric illnesses of comparable magnitude. An improved
understanding of the neurobiology of PG would facilitate targeted
investigations into more effective treatments. Emerging data suggest shared
neurobiological features determine in part pathological gambling and substance
use disorders. These findings both challenge current conceptualizations of
addictions and provide a substantial basis of knowledge on which to design
investigations into the understanding and treatment of pathological gambling. The
findings that substance use disorders and the behavioral "addiction"
of PG share common causative features raise the question as to what extent
other compulsive disorders (eg, compulsive shopping, compulsive sexual
behaviors, compulsive computer use) might be biologically related. Copyright
2001 by W.B. Saunders Company
|
J Gambl Stud. 2003 Spring;
19(1): 11-22. |
Genetics of pathological gambling.
Ibanez A, Blanco C, de Castro IP,
Fernandez-Piqueras J, Saiz-Ruiz J.
Department of Psychiatry, Hospital Ramon y Cajal,
Pathological gambling (PG) is an impulse control disorder and a model
'behavioral' addiction. Familial factors have been observed in clinical studies
of pathological gamblers, and twin studies have demonstrated a genetic
influence contributing to the development of PG. Serotonergic, noradrenergic,
and dopaminergic dysfunction have been reported as biological factors
contributing to the pathophysiology of PG. Molecular genetic techniques have
been used to investigate the role of genetic factors in PG. Molecular genetic
research has identified specific allele variants of candidate genes
corresponding to these neurotransmitter systems to be associated with PG.
Associations have been reported between pathological gamblers and allele
variants of polymorphisms at dopamine receptor genes, the serotonin transporter
gene, and the monoamine-oxidase A gene. Although preliminary data suggest that
some of these differences are gender-specific, more research needs to be
performed to substantiate gender-specific genetic contributions to the
development of pathological gambling. The review of the current findings on
genetics of PG suggests that liability to PG is in part mediated by genetic
factors. Additional studies are needed to replicate and extend these findings,
as well as to better understand the influence of specific allelic variants to
differences in biological and behavioral functioning.
Jouer
sur Internet : http://www.coolwebsearch.com/search.php?aff=1020&qq=gambling
http://www.parkinson.org/gambleurge.htm : étude chez les
singes du rôle du système dopaminergique dans la recherche du plaisir du jeu
http://www.internet-articles.com/health/gambling.php : le jeu pathologique
(en anglais)
Anne FROBERT ; 31
Janvier 2004.